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En France, le gouvernement a commencé par refuser d'entrer au capital des banques. Puis c'est la fusion Caisse d'Epargne Banque Populaire avec l'entrée massive de l'Etat au capital. C'est du pragmatisme nous dit-on. Mais chacun comprend que le navire tourne faute de connaître le cap qui lui permettrait de s'échapper de la tempête.
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L'impuissance des dirigeants s'étale. La richesse des nantis aussi. Jamais les banquiers n'ont renoncé à se gaver. 2008 a été leur sixième plus grosse année en terme de bonus. Des dirigeants
sauvés par le contribuable s'arrogent des primes exorbitantes.
Pour l'instant, les Français serrent les dents. Ils ont été des millions à regarder la dernière allocution télévisée de Sarkozy, un record d'audience. Mais ils ne lui font plus aucune confiance,
comme en atteste la chute tout aussi record qui a suivi dans les sondages. Le président de la République occupe tout l'espace public mais sa parole ne vaut plus rien. Dans ce gouffre peut se
glisser n'importe quoi. L'étincelle peut venir de toute part. De la journée interprofessionnelle du 19 mars, comme d'un service public saigné de toutes parts qui finit par craquer à l'un des
points de la chaîne. Nul ne peut le prévoir.
Mais dans ce moment ce qui importe avant tout est la construction de consciences éclairées. Face au pouvoir impuissant, il faut une force alternative et raisonnée. Pour cela, il faut démontrer
deux choses.
D'abord que d'autres peuvent gouverner. Pour la gauche ce n'est pas si évident. Les deux dernières candidatures sociales-démocrates ont connu de cuisants échecs. Les perdants d'hier ou leurs
héritiers bouchent toujours le paysage.
Une part de l'autre gauche rejette toute ambition gouvernementale. Ensuite il faut démontrer que l'on peut gouverner autrement. Et donc avancer des alternatives concrètes. C'est aussi à cela que
serviront les prochaines élections européennes.
Nous y montrerons que si l'on rompt avec les dogmes libéraux qui dominent l'Union européenne et ses traités, on peut gouverner autrement. Dès lors il n'y a pas de fatalité à la crise. La chape de
désespérance peut se lever. Et l'horizon s'éclaircir dans les têtes, là où tout commence.